Le claquement d'une portière me tira brusquement de mon sommeil. A moitié endormie, je me frottai les yeux et sortis de la voiture dans laquelle nous venions de faire cinq bonnes heures de route. Pourquoi tant de temps ? Simplement parce que mon irresponsable de mère, (qui nageait encore dans l'époque de ses dix huit ans pourtant envolée depuis un bon bout de temps) avait décidé de suivre ce qui devait être son quatrième mec en un mois, THE grand amour selon elle. Et profitant du fait que de toute façon, je passais au Lycée et que je devrais donc changer d'établissement, elle avait déménagé. Enfin, rectification, après cris, arguments, pleurs, insultes, tentatives de séparation du couple et tout cela en vain, nous avions déménagé. Oui, aussi incroyable que cela puisse paraître, j'avais du me rendre à l'évidence que ces deux là étaient vraiment amoureux, et les laisser me traîner à cinq cent kilomètres de la grande mégalopole de Tokyo, dans un petit quartier paumé du nom d'Aïwoza. Superbe village d'à peine 500 habitants, isolé de toute activité. Oui, bien sûr, il y avait tout de même un centre commercial récemment installé, une bibliothèque, un cinéma et d'autres endroits sympathiques ! Mais voilà, ce n'était pas Tokyo. Et seules les personnes qui comme moi, avaient grandis en plein centre de la ville des rêves pouvaient comprendre mon désarrois. Adieu mes amis, mon appart', les grands magasins, et en clair cette magnifique ville. Des fois, je me surprenais vraiment à vouloir connaître mon père. Ils nous avaient abandonnés ma mère et moi, juste après ma naissance. Mais du peu d'informations dont je disposais, il y en avait une bien particulière : Il vivait, et vit toujours à Tokyo.
Les points positifs ? Nous allions vivre dans une grande maison, et ma mère avait accepté que je bénéficie par la même occasion d'une toute nouvelle chambre, que je décorerais et meublerais moi même comme il me plaira et avec soins. En même temps, c'était la moindre des choses, car j'ai du me séparer de ma meilleure amie Ami-Chan, une fille formidable avec qui je partage ma vie depuis treize ans. C'est une véritable soeur pour moi, celle qui me connaît le mieux. Alors le fait qu'on allait se retrouver à une telle distance l'une de l'autre nous a vraiment démoralisé, et nos mères ont du nous arracher des bras l'une de l'autre, en pleine crise de larmes. Heureusement, nous nous appellerons tous les jours et nous verrons chaque vacances, c'est ce qui était prévu. Je sentis d'ailleurs mon portable vibrer dans ma poche de jean, et lu ce qui devait être le trentième message de sa part aujourd'hui.
De : Ami-Chan
Sujet : Des nouvelles ?
. > Hey ! Alors, t'es encore sur la route ? Oublie pas de m'envoyer une photo de ta maison une fois que tu seras bien installée. Je veux voir à quoi ressemble l'endroit où je vais passer mes vacances \(^.^)/ Bisous, je t'aime ! (l)
Je poussai un petit soupir, et lui répondai rapidement que je venais d'arriver et que je la recontacterai une fois mes affaires déballées. Refermant le clapet de mon téléphone, j'ouvris la portière et sortis mon sac du coffre, pour m'avancer vers mon nouveau chez moi. Mes ballerines couinaient sur les graviers. C'était une belle et grande maison de deux étages, en briques rouges, assez moderne. Le toit était blanc, et il y avait une cour devant et un jardin dans le fond. Je vous avais dit qu'elle venait tout juste d'être achetée ? Oui, les tourtereaux ne perdaient pas leur temps, à se demander quand aurait lieu le mariage, je vous jure... Mais bon, avec un peu de chance, ma mère allait se disputer avec ce Naoji, comme elle l'avait fait avec tous ses autres copains, et nous repartirons quelques jours plus tards dans notre confortable appartement de la capitale. Enfin, c'était quand même bien la première fois qu'elle m'obligeait à assumer les effets secondaires de sa relation, à savoir changer complètement de ville. Au début, Naoji n'habitait qu'à quelques rues de chez nous... Mais il avait obtenu une promotion, et son travail l'avait muté dans le Sud du Japon. Et, dans un je ne sais quel élan de stupité, il avait proposé à ma mère de l'accompagner. Je ne comprendrais jamais les adultes.
Il faisait très chaud en cette fin de vacances. Le soleil tapait fort et me brûlait la peau. Je décidai de me rendre tout de suite dans le jardin, en longeant la batisse, car on y accédait par le côté. Je poussai le portail noir en fer, qui grinça horriblement, et fit quelques mètres jusqu'à ce que mes genoux se retrouvent chatouillés par les herbes folles qui avaient bien poussées depuis que cette maison n'avait plus de propriétaire. Il fallait au moins reconnaître une chose : Cet endroit était immense, et ce n'était pas pour me déplaire, bien au contraire. Vivants précédement dans un immeuble, nous n'avons jamais bénéficié d'un jardin, mais je me souviens que dès mon plus jeune âge, j'allais passer la plus grande partie de mon temps libre dans le grand parc qui se trouvait juste en face de notre appart'. Et il ne faut pas croire, mais à Tokyo, les endroits de pleine verdure étaient plutôt rares. Alors qu'ici, c'était à peine si je ne me croyai pas dans la jungle...
Je revins sur mes pas après m'être promis une visite approfondie de ces lieux dès que j'aurais le temps. Il y avait autre chose encore dont je souhaitais m'assurer. J'avais en effet remarqué que la chambre en haut à droite disposait d'une baie vitrée menant sur un balcon blanc. J'esquissai ce qui était sûrement le premier sourire de la journée, et montai les quatres marches menant au pas de la porte. A peine entrée, je fus interpellée par ma mère qui m'ordonna de monter la grosse valise rouge qui m'attendait sagement contre le mur du hall. Je l'empoignai en soupirant et gravis avec difficulté des escaliers quelque peu poussiéreux et craquants qui menaient à l'étage. Qu'est ce qui m'avait pris d'embarquer autant de vêtements ? Le reste de ma penderie ne débarquerait que dans une semaine par camion, en compagnie des autres meubles dont on pouvait se passer dans l'immédiat. Mais vu le poids du bagage, j'en aurais assez pour un bon mois. J'arrivai finalement en haut, et traînai mes affaires jusqu'à la porte blanche, au fond du couloir. La douce et mélodieuse voix de ma mère (tu vas rayer tout le plancher !) m'accompagna jusqu'à ce que j'entre dans la pièce et ferme derrière moi. Je pu enfin faire tranquillement l'état des lieux. Une grande pièce aux murs blancs, éclairée par la large fenêtre que j'avais aperçu tout à l'heure. Une armoire conçue dans le mur, assez spacieuse pour que je puisse y mettre tous mes habits. Je m'avancai vers le centre, le bruit de mes pas raisonnant sinistrement. Si on oubliait le plancher grinçant, et cette peinture écaillée près du sol et du plafond, cette pièce me plaisait beaucoup. C'est décidé, cet endroit serait maintenant ma chambre.
Je m'approchai de la baie vitrée et j'en faisai coulisser la porte, pour m'aventurer sur le balcon. Il donnait vue sur une bonne partie de la ville, dont la route était en pente. En face de moi, la façade Ouest de la maison des voisins. J'étais d'ailleurs à la hauteur d'une de leur fenêtre, où j'aperçus une fine silhouette à travers des stores ouverts. Mais celle - ci disparu de mon champ de vision avant que je ne puisse identifier quoi que ce soit. M'avait - elle vu ? Trois petits coups donnés sur ma porte me tirèrent brusquement de ma rêverie. Je vis entrer ma mère, les bras chargés du reste de mes affaires. Après les avoir posées dans un coin, elle me lança d'un ton léger :
<< - Naoji - Kun a réservé une table au restaurant pour vingts heures. Les déménageurs ne vont pas tarder à monter ton lit donc d'ici là, profite - en pour ranger tes vêtements et te changer.
- D'accord. >>
Elle me sourie tendrement, puis referma la porte. Et bien, il y en avait au moins une qui était heureuse. Vider ma valise serait sûrement quelque chose de moins ennuyeux si j'écoutai de la musique en même temps. Tantant mes poches, je me rendis compte que j'avais laissé mon IPod sur la banquette arrière de la voiture, et me dépêchai de descendre les escaliers pour aller le chercher. Mais une fois la porte principale ouverte, je rentrai violemment dans quelqu'un et tombai sur les fesses. Sonnée, je levai la tête et aperçus un grand jeune homme...
Alors, vos impressions sur ce premier chapitre ?? ^^ Une suite trop prévisible peut être... Bon, quoi qu'il en soit, n'hésitez pas à poster une remarque, mais soyez francs s'il vous plaît ! =)